Programmes menés par les partenaires ou dispositifs RAITRATIA et MISSONGA à Madagascar et DUDENYO (porté par LAMESIN NYO) au Togo
Renforcement du système de santé (Madagascar)
À Madagascar, le système de santé souffre de lacunes profondes en matière de compétences des soignants de premier contact : dépistage insuffisant de la tuberculose et du VIH, taux d’abandon des traitements élevé, application inégale des protocoles de prise en charge des maladies de l’enfant ou de contraception et persistance de biais liés au genre dans l’accueil des patients. Les agents de santé communautaires, bénévoles et en première ligne dans les zones les plus isolées, restent quant à eux insuffisamment formés et encadrés.
Face à ces constats, ATIA et son partenaire local RAITRATIA, en étroite collaboration avec le Programme National de Lutte contre la Tuberculose et le ministère de la Santé Publique, renforcent les compétences des agents de santé communautaires et des personnels des centres de santé de base dans plusieurs districts du pays. Le dispositif repose sur des sessions de formation technique consacrées à la tuberculose, au VIH, au paludisme, à la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant et à la contraception, complétées par des supervisions formatives sur le terrain plusieurs mois après chaque formation, afin de vérifier la mise en pratique effective des compétences acquises. Un bilan individuel des besoins et des contraintes est instauré pour chaque nouveau patient mis sous traitement, permettant d’identifier les personnes les plus à risque d’abandon et de leur proposer un accompagnement renforcé, assuré par les agents communautaires ou par des animatrices sociales expérimentées. Un appui nutritionnel ciblé est également proposé aux malades en situation de dénutrition sévère.
Une attention particulière est portée à la réduction des inégalités de genre dans l’accès aux soins : des études préliminaires ont permis d’identifier les obstacles spécifiques rencontrés par les femmes et les hommes, afin d’adapter les pratiques d’accueil et de prise en charge dans les centres de santé. L’ensemble de ce dispositif s’inscrit dans une logique de renforcement durable des structures publiques et communautaires, avec l’ambition de voir les modèles de formation, de dépistage proactif et d’accompagnement des patients repris à terme par les acteurs nationaux.

Réunions de consensus entre médecins (Madagascar et Togo)
Dans des contextes où il n’existe pas de dispositif structuré de formation médicale continue, les médecins de ville sont particulièrement exposés à la pression d’une industrie pharmaceutique peu régulée et aux attentes de patients qui espèrent un résultat immédiat compte tenu du coût des actes. Il en résulte une forte variabilité des prescriptions, un recours parfois excessif aux antibiotiques ou aux formes injectables et une application inégale des recommandations nationales et internationales, en particulier auprès des patients les plus pauvres.
À Madagascar, ATIA a développé le dispositif MISSONGA pour répondre à ce problème. Il s’agit d’une méthode originale de formation continue fondée sur l’échange entre pairs plutôt que sur une approche descendante. De petits groupes de médecins généralistes se réunissent régulièrement pour confronter leurs pratiques à une pathologie ou à une situation de prescription donnée, en discuter les fondements scientifiques et construire ensemble des consensus de prise en charge adaptés au contexte local et aux contraintes réelles de leurs patients. Chaque cycle s’ouvre par une séance consacrée à la relation médecin-malade (écoute, empathie, communication adaptée aux patients en situation de vulnérabilité) avant d’aborder des thématiques cliniques courantes (hypertension, infections respiratoires, gale, IST, etc.). Une communauté de pratique se prolonge entre les séances, notamment via des échanges entre pairs, renforçant l’appropriation durable des bonnes pratiques.
Au Togo, une démarche comparable a été engagée sous le nom de DUDENYO à la suite d’une étude ayant mis en évidence des pratiques de sur-prescription, notamment l’association quasi systématique d’antibiotiques injectables aux traitements antipaludéens, alors qu’elle n’est indiquée que pour les cas nécessitant une hospitalisation. Ce dispositif, porté par le partenaire LAMESIN NYO en lien avec le ministère de la Santé, a lancé des réunions de groupes de 10 à 12 prescripteurs des structures de soins conventionnées avec la mutuelle. Ces groupes confrontent des cas cliniques réels aux recommandations internationales (guides de l’OMS sur les médicaments essentiels, protocoles de bon usage des antibiotiques) et construisent progressivement des consensus de prise en charge rationnelle. Cette reconnaissance croissante a permis à LAMESIN NYO d’être identifiée par la direction régionale de la santé du Grand Lomé comme un observatoire de santé publique et un acteur de premier plan dans l’amélioration du système de soins.

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